attac
: association pour une taxation des
transactions financières pour l'aide
aux citoyen•ne•s
• Pourquoi
attac?
• Ce qu'est attac...
• Ce que propose attac...
Pourquoi
attac?
La mondialisation
financière aggrave l'insécurité économique
et les inégalités sociales. Elle contourne et affaiblit
les choix des peuples, les institutions démocratiques et les
États souverains en charge de l'intérêt général.
Elle leur substitue des logiques strictement spéculatives exprimant
les seuls intérêts des entreprises transnationales et des
marchés financiers.
Au nom d'une transformation
du monde présentée comme une loi naturelle, les citoyen•ne•s
et leurs représentant•e•s se voient disputer le pouvoir
de décider de leur destin. Un tel affaiblissement et un tel sentiment
d'impuissance nourrissent la progression des partis d’une droite
autoritaire. Il est urgent d'enrayer ce processus en créant de
nouveaux instruments de régulation et de contrôle, aux
niveaux national, européen et international. L'expérience
indique assez que les gouvernements ne le feront pas sans qu'on les
y pousse. Relever le double défi d'empêcher une implosion
sociale et une désespérance politique exige donc un sursaut
civique et militant.
La liberté
totale de circulation des capitaux, les paradis fiscaux et l'explosion
du volume des transactions spéculatives acculent les États
à une course éperdue en faveur des gros investisseurs.
Plus de 1 800 milliards de dollars vont et viennent chaque jour sur
les marchés des changes à la recherche d'un profit instantané,
sans rapport avec l'état de la production et du commerce des
biens et services. Une telle évolution a pour conséquences
l'accroissement permanent des revenus du capital au détriment
de ceux du travail, la généralisation de la précarité
et l'extension de la pauvreté.
Les conséquences
sociales de ces évolutions sont encore plus graves dans les pays
dépendants, les pays du sud et d'Europe de l'Est, qui sont touchés
de plein fouet par la crise financière et soumis aux diktats
des plans d'ajustement du F.M.I. et de la B.M. Le paiement des dettes
publiques oblige les gouvernements à abaisser au minimum les
budgets des services sociaux et condamne les sociétés
au sous-développement ; les taux d'intérêt beaucoup
plus élevés que dans les pays les plus développés
contribuent à détruire les entreprises nationales ; les
mesures de privatisation et de dénationalisation sauvages se
multiplient pour dégager les ressources exigées par les
investisseurs.
Partout les acquis
sociaux sont remis en cause. Là où il existe des systèmes
de retraite, les salarié•e•s sont invité•e•s
à es troquer contre un mécanisme de fonds de pension,
ce qui aboutit à soumettre un peu plus leurs propres entreprises
aux seuls impératifs de la profitabilité immédiate,
à étendre la zone d'influence de la sphère financière
et à persuader les citoyen•ne•s de l'obsolescence
des rapports solidaires entre nations, peuples et générations
alors même que la crise écologique exige à son tour
le resserrement de ces solidarités. La déréglementation
touche l'ensemble du marché du travail, avec comme conséquences
la dégradation des conditions de travail, la montée de
la précarité et du chômage, et le démantèlement
des systèmes de protection sociale.
Au prétexte
du développement économique et de l'emploi, les grands
pays n'ont pas renoncé à signer un Accord multilatéral
sur les investissements (AMI) qui donnerait tous les droits aux investisseurs
et imposerait tous les devoirs aux États. Devant la pression
de l'opinion publique et de la mobilisation militante, ils ont dû
abandonner leur projet de négocier cet accord dans le cadre de
l'OCDE, mais la discussion devrait reprendre dans le cadre de l'OMC.
Dans le même temps les USA, mais aussi la Commission européenne,
poursuivent leur croisade en poussant à la création de
nouvelles zones déréglementées, au niveau continental
ou intercontinental.
Ce
qu'est attac...
Lancée par
le Monde diplomatique, l’association pour une taxation des transactions
financières pour l’aide aux citoyen•ne•s a
rapidement rencontré un très grand écho. En l’espace
de quelques mois, l’année passée, pas moins de 5000
citoyennes et citoyens ont adhéré à attac en France.
Elle rassemble aussi des personnalités, associations, organisations
syndicales et titres de presse de tous les horizons du mouvement social.
Parallèlement
à cette démarche s’est constitué en Suisse
le «Mouvement citoyen pour le désarmement des pouvoirs
financiers» à Genève. C’est à son appel
qu’une première assemblée pré-constituante
d’attac-Suisse a eu lieu à Lausanne le 12 février
1999. Plus de quatre cents personnes ont pris part à cette soirée,
signe d’un intérêt réel pour agir contre les
logiques financières destructrices actuellement à l’œuvre.
Lors de cette soirée, il a été décidé
de constituer des groupes locaux d’attac en vue d’une assemblée
constituante fédérale le 25 septembre 1999 à Fribourg.
Dans les cantons
de Berne, Zurich, Genève, Vaud, Fribourg, Neuchâtel et
Tessin, des groupes d’attac sont en voie de constitution. Pour
réfléchir ensemble, débattre, informer et se faire
entendre, divers ateliers de travail ont été mis en place:
1. Taxe Tobin, clones de l’AMI, FMI; 2. Fonds de pensions et 11e
révision de l’AVS; 3. la dette du Tiers-Monde et le rôle
des banques suisses; 4. la place financière suisse et le secret
bancaire et 5. Services publics et privatisations. Simultanément,
nous récoltons des signatures pour la pétition nationale
d’attac demandant l’introduction de la Taxe Tobin. A l’initiative
d’attac international, la conférence de Paris réunira
des représentants d’associations, des syndicalistes, des
militant•e•s et des analystes des cinq continents.
Le «libre-affairisme»
n’a rien de fatal. Une riposte des citoyennes et des citoyens
est possible. Attac souhaite œuvrer dans ce sens en produisant
de l’information, en organisant des rencontres, en débattant
des alternatives et en agissant tant au niveau local, national qu’international.
Pour passer à l’attac… rejoignez attac!
Ce
que propose attac...
La plupart des
engrenages de cette machine inégalitaire, entre parties du monde
comme au cœur de chaque pays, peuvent encore être enrayés.
Trop souvent, l'argument de la fatalité se nourrit de la censure
de l'information sur les alternatives.
C'est ainsi que
les institutions financières internationales et les grands médias
(dont les bénéficiaires de la mondialisation sont souvent
propriétaires) ont fait le silence sur la proposition de l'économiste
américain James Tobin, prix Nobel d'économie, de taxer
les transactions spéculatives sur les marchés des devises.
Même fixée à un taux particulièrement bas
de 0,1%, la taxe Tobin rapporterait près de 100 milliards de
dollars par an. Or, selon le PNUB, seulement 40 milliards de dollars
suffiraient à satisfaire les besoins socio-sanitaires de base
de toute la population mondiale. Collectée, pour l'essentiel,
dans les pays industrialisés, où sont localisées
les grandes places financières, cette somme pourrait être
utilisée pour des actions de lutte contre toutes les inégalités.
Attac ne se limite
pas à la taxe Tobin. Il entend provoquer et élargir le
débat, produire et diffuser l’information, agir en commun,
tant au niveau local qu’au niveau continental et international.
Cela afin de:
• entraver
la spéculation internationale,
• taxer les revenus du capital,
• sanctionner les paradis fiscaux,
• empêcher la généralisation des fonds de
pension,
• promouvoir la transparence des investissements dans les pays
dépendants,
• établir un cadre légal pour les opérations
bancaires et financières ne pénalisant pas les consommateur•trice•s
et les citoyen•ne•s,
• appuyer la revendication de l'annulation générale
de la dette publique des pays dépendants et l'utilisation des
ressources ainsi libérées en faveur des populations
et du développement durable.
Plus généralement,
attac veut reconquérir les espaces perdus par la démocratie
au profit de la sphère financière, afin de créer,
au niveau mondial, un espace démocratique. Il s'agit tout simplement
de se réapproprier ensemble l'avenir de notre monde.
Réalisé
par la coordination d'attac-suisse
Juin 1999
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